Le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) s’est doté d’un simulateur pour mieux comprendre la pollution des sols, un phénomène encore méconnu.

Les boues rouges de Gardanne (Bouches-du-Rhône), le sol d’AZF à Toulouse (Haute-Garonne), souillé par les produits chimiques après l’incendie de 2011, les prés pollués au PCB à Grez-en-Bouère (Mayenne), toutes ces catastrophes pour l’environnement pourraient trouver une solution dans cet immense conteneur en inox, grand comme un pavillon, installé sur le campus du Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) à Orléans-La Source (Loiret). Cet institut public a mis en service un simulateur baptisé Pilote pluri-métrique (PPM). Il s’agit d’une grosse cuve de 4 m de haut et 10 m de long, constellée de hublots et remplie de capteurs, grâce auxquels les chercheurs pourront suivre l’évolution des polluants.

Un investissement de 7,2 M€

« L’objectif est d’étudier en conditions contrôlées des transferts de polluants de toutes natures dans l’optique d’une dépollution des sols, des sous-sols et des eaux souterraines », explique Christophe Mouvet, responsable du projet. « Est-ce que le polluant disparaît tout seul ? Est-ce qu’il faut y ajouter un peu de poudre de perlimpinpin ? Beaucoup de poudre de perlimpinpin ? Laquelle ? (NDLR : par exemple des mousses absorbantes, ou des poudres contenant des diluants, ou des micro-organismes vivants qui vont transformer le polluant, etc.) On veut vérifier que l’on a bien dégradé le polluant et récupéré une qualité du sous-sol et de l’eau souterraine qui devrait être celle du milieu avant la pollution par l’activité humaine », poursuit le scientifique.

Ce projet a nécessité un investissement de 7,2 M€ financé par l’Europe (1,6 million), l’Etat via le BRGM (1,5 million) et le conseil régional Centre-Val de Loire pour le solde. En France, on dénombre plus de 7 200 sites pollués par des métaux lourds, des hydrocarbures, des pesticides ou des solvants, selon le BRGM.

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